« L’Inserm a mis en place de nombreux dispositifs, parfois hélas méconnus, en faveur du bien-être au travail pour que les agents se sentent bien et qu’ils restent », indique Sara Lespagnadelle, responsable du service des Affaires sociales à la direction des Ressources humaines. Dernier exemple en date : l’instauration de trois nouvelles « autorisations spéciales d’absence » en cas de menstruations douloureuses sur présentation d’un certificat médical, lors d’un parcours d’adoption (pour assister aux entretiens d’agrément) ou d’assistance médicale à la procréation. Cette ultime mesure a d’ailleurs été élargie aux hommes en 2025.
« Dans le domaine de l’action sociale, nous facilitons l’accès aux crèches avec un partenariat inédit : en 2025, l’Inserm a financé 10 berceaux au sein d’une structure privée. De même, nous avons étendu les prêts bonifiés à taux zéro aux “moments de vie” tels que mariage, divorce, décès, naissance, études des enfants. » Des actions pour les aidants familiaux ou encore le don de congés contribuent aussi à l’équilibre entre vies personnelle et professionnelle. Notamment pour les femmes.
Parité… en progrès
Car les questions de parité et d’égalité femmes-hommes sont forcément majeures dans un établissement où 59 % des fonctionnaires titulaires, 66 % des contractuels en CDD et 64 % des CDI sont des femmes. Alors que la première journée dédiée aux enjeux d’égalité dans les organismes nationaux de recherche avait lieu le 4 avril 2025, l’Index de l’égalité professionnelle montre qu’à l’Inserm, l’écart des rémunérations parmi les fonctionnaires s’établit à 0,9 % selon le mode de calcul préconisé par le ministère chargé de la recherche. Ce résultat positif reste cependant à relativiser, car des inégalités persistent. Elles s’expliquent notamment par un effet de ségrégation : femmes et hommes sont souvent répartis dans des métiers ou niveaux de responsabilité différents, ce qui maintient les écarts de salaire. Des efforts doivent encore être faits également sur la population des contractuels.
L’Inserm a aussi lancé un dispositif de mentorat à destination des femmes récompensé par le Fonds en faveur de l’égalité professionnelle 2025. « Ce mentorat vise à accompagner les chercheuses dans le développement de leur carrière, en renforçant notamment leur confiance en elles, leur réseau professionnel et leur accès aux responsabilités », se réjouit Lydie Lefrançois, correspondante égalité en Occitanie Méditerranée, l’un des deux sites pilote pour ce concept de marrainage. Dans la délégation, les femmes représentent 42 % des chercheurs mais occupent seulement 25 % des postes de direction. « L’égalité femmes-hommes et la qualité de vie au travail représentent un enjeu majeur dans la recherche. La pression à la performance, la compétition pour les financements et les postes, les rapports hiérarchiques peuvent générer stress, isolement et tensions, en particulier pour les femmes, encore sous-représentées dans les postes à responsabilité. L’enjeu est donc de construire un environnement équitable et inclusif, en favorisant l’écoute, le soutien mutuel, la reconnaissance du travail ainsi que la prévention des discriminations et du harcèlement », conclut Lydie Lefrançois.
Promouvoir une culture de la prévention des risques psychosociaux
Les risques psychosociaux sont au cœur du plan national de prévention 2024-2026. L’objectif est d’offrir un appui méthodologique et une expertise aux acteurs de terrain dans les délégations régionales et les unités pour gérer les faits de discrimination ou de violence, comme le harcèlement, le management inapproprié ou les faits à caractère sexuel. En 2025, 46 faits ont été signalés (41 en 2024, 43 en 2023). « L’enjeu est de prévenir pour éviter ces situations. Notre rôle est d’analyser chaque situation à risque, de les désamorcer et de construire une culture de la prévention commune. En 2025, nous avons déployé un outil numérique d’évaluation des risques psychosociaux. L’idée est d’ouvrir des espaces de dialogue sécurisé et de coconstruire des solutions pour améliorer la qualité de vie et les conditions de travail mais aussi d’agir sur les déterminants – et d’améliorer la santé mentale au travail. Le travail ne doit pas être une “activité à risque” mais un lieu où il est possible de développer les capacités d’action et l’engagement », explique Barbara Dufeu, responsable du service Coordination et prévention des risques et conseillère nationale prévention.
Handicap : une politique inclusive pionnière et reconnue
Pour Christelle Boulot-Riche, responsable du pôle Handicap et insertion professionnelle, « l’enjeu de la qualité de vie au travail, qui plus est au sein d’un institut dédié à la recherche en santé, est de placer l’agent au centre des préoccupations et au cœur de son développement professionnel, quelles que soient ses singularités. Il s’agit de mettre à disposition des ressources (aide à la compensation du handicap, formation, suivi personnalisé et pluridisciplinaire) et d’adopter un management inclusif, le tout au service de la performance collective et de l’excellence scientifique. » La politique inclusive de l’Inserm s’articule autour de ce pôle, complété par 12 référents régionaux. Elle s’appuie sur un ambitieux plan Handicap en 7 axes, dédiés au recrutement – 12 chercheurs et ingénieurs et 7 apprentis ont été recrutés en 2025 –, au reclassement ou encore à l’accessibilité numérique. L’Inserm mise aussi sur le développement d’une culture de l’inclusivité, à travers des campagnes de sensibilisation et de formation en ligne mais aussi en déployant des outils d’identification des handicaps invisibles ou encore de diagnostic anonyme pour accompagner les agents dans la reconnaissance de leur handicap. Une enquête interne menée en 2025 a ainsi révélé que 80 % des employés connaissent la politique Handicap de l’Institut mais que 32 % ont des réticences à déclarer un handicap. L’Inserm, reconnu comme employeur porteur de bonnes pratiques, affiche en tout cas 6,6 % de travailleurs en situation de handicap, un taux d’emploi supérieur à l’obligation légale, et est candidat à différents trophées attestant de cette politique volontariste.
Cet article est extrait du rapport d’activité de l’Inserm. Retrouvez le rapport complet ici.