Réussir son projet ERC : panels, mots-clés et lisibilité

En amont et au dépôt, quelques décisions stratégiques façonnent la première impression des évaluateurs et influencent la notation. Choix du panel, lisibilité, preuves d’impact, gestion des risques : voici les points à soigner pour faire la différence.

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Le panel désigne la catégorie disciplinaire dans laquelle une proposition est déposée par le porteur de projet. À l’ERC, les panels sont organisés en trois grands domaines : Physical & Engineering, Life Sciences, Social Sciences & Humanities, puis en sous-panels plus fins. Au dépôt, le candidat peut indiquer un panel principal, parfois un panel secondaire, et jusqu’à quatre mots-clés. Ces éléments, combinés au résumé, servent à orienter la proposition vers des panélistes puis des évaluateurs externes dont l’expertise correspond le mieux au sujet.

Le choix du panel détermine donc qui lira le dossier, quelles attentes disciplinaires s’appliqueront et la manière dont le projet sera évalué.

Deux conseils pratiques : 

  • Choisir ses mots-clés pour « pointer » vers les bons évaluateurs : les expertises des membres d’un panel sont très souvent complémentaires. Choisissez les mots-clés qui correspondent le mieux à la rupture scientifique présentée dans votre projet et vos thématiques principales, pour qu’il soit évalué par des personnes ayant ces expertises.
  • Consulter la liste des projets ERC précédemment lauréats : les titres donnent des repères sur les orientations scientifiques et les formats de projets financés.

Forme et fond : lisibilité, preuves d’impact et consortium

Sur la forme du dossier, les figures doivent être « auto-suffisantes », souligne Catherine Picart, évaluatrice européenne. Un petit nombre de figures claires, qui résument l’idée et la trajectoire du projet, valent mieux que plusieurs pages d’explications. Si les figures donnent envie de lire, l’évaluateur garde le fil. Une bonne tactique consiste à choisir ses figures avant d’écrire le texte, pour s’assurer de garder le cap.

Dans le même esprit, reprendre la structure de l’appel et répondre point par point aux éléments demandés facilite grandement le travail de l’évaluateur, tout en évitant les flous conceptuels. Cette clarté de forme permet à l’évaluateur de se concentrer sur la compréhension du projet.

Clarifier les impacts attendus et gérer les risques

« Nous améliorerons la qualité de vie », « accès à suffisamment de patients »… : ces formulations génériques font vite tiquer l’évaluateur. De même, des work packages (WP) excessivement dépendants les uns des autres — en particulier lorsqu’un WP risqué conditionne l’ensemble — sont pénalisants.

Énoncer des risques sans apporter de réponses opérationnelles affaiblit la crédibilité du dossier. Les barrières potentielles (réglementaires, d’adoption clinique, de marché ou environnementales) doivent être identifiées et assorties de mesures de mitigation claires et crédibles.

Quantifier la portée et les bénéfices

L’un des points pivots de l’évaluation porte sur l’estimation et la quantification : taille des groupes cibles ou des cohortes, bénéfices attendus, données de référence pour mesurer le progrès, indicateurs comparatifs et hypothèses chiffrées fondant votre logique d’intervention.

Il faut aussi démontrer que le projet pourra transformer des connaissances nouvelles en changements tangibles et durables, pendant et après le financement. Sans ces précisions, les notes en Impact et en Mise en œuvre peuvent chuter significativement.

« Un site web et quelques conférences ne constituent pas une stratégie de dissémination si elles ne ciblent pas des publics précis et ne mesurent pas d’effets », explique Aziz El-Amraoui, évaluateur européen.

Consortium et valeur ajoutée transnationale

Enfin, de nombreux candidats peinent à justifier la présence de chaque partenaire de leur consortium. Décrivez le rôle, les responsabilités et la complémentarité de chacun. Argumentez la dimension internationale par des éléments concrets (accès à des cohortes dans plusieurs pays, infrastructures spécifiques, comparaisons entre systèmes de santé, compétences réglementaires distinctes) pour montrer que le projet ne peut être mené dans un seul pays. 

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