Depuis mars 2025, toutes les agentes de l’Inserm peuvent bénéficier d’une journée d’absence par mois, quel que soit leur statut ou leur ancienneté, pour faire face à ces douleurs.
Le fonctionnement est simple : l’agente transmet au pôle RH un justificatif médical, valable un an, tout en informant son supérieur hiérarchique de la démarche.
Pour Nina, agente à l’Inserm souffrant de règles très douloureuses accompagnées de syndromes prémenstruels handicapants, la flexibilité de cette mesure fait toute la différence : « Je ne l’ai utilisé qu’à deux reprises pour le moment. Je n’y ai pas eu recours plus souvent car j’avais des obligations professionnelles. Mais une journée de repos dans les plus difficiles du cycle m’a permis de mieux supporter les jours suivants. La souplesse du dispositif, c’est-à-dire la possibilité de poser la journée sans préavis, est un de ses atouts. »
Concrètement, la journée d’absence peut être posée le jour même, sans délai de prévenance, en informant simplement le pôle RH et son responsable hiérarchique.
Une première année d’expérimentation
Un an après sa mise en place, plus de 70 femmes bénéficient du congé menstruel à l’Inserm.
Sandra Meziani, juriste au département des ressources humaines a participé à la mise en place du projet : « Nous avons reçu des mails de remerciements : des agentes ont exprimé leur reconnaissance, soulignant qu’elles se sentent désormais comprises et écoutées. Pour certaines, c’est un vrai soulagement de pouvoir poser un jour d’absence sans stress, sans culpabilité, juste parce qu’elles ont mal. »
Nina témoigne des effets positifs directs sur son bien-être : « J’ai constaté moins de fatigue et une meilleure résistance aux effets incapacitants de la douleur, surtout lorsque le jour suivant était un jour de télétravail. »
Comme le souligne Nina, prévoir un jour de télétravail après la journée d’absence prolonge les bénéfices, en laissant le corps récupérer davantage. Pour soutenir cette approche, l’Inserm encourage les managers à accepter un système de jours de télétravail « flottants » pour offrir plus de flexibilité lorsque les douleurs persistent.
Certaines agentes reconnaissent également qu’il peut exister une forme d’autocensure. L’une d’elles explique avoir entamé les démarches pour bénéficier du dispositif. Elle a demandé un certificat médical à son médecin, sans avoir encore osé le transmettre au pôle RH : « Il m’est difficile d’identifier précisément les raisons de cette hésitation. Il existe sans doute une forme de gêne liée au caractère très personnel de ces problématiques de santé, ainsi qu’une appréhension à l’idée d’exposer une certaine vulnérabilité ou de faire face à un éventuel jugement ». Aujourd’hui, elle doit solliciter un nouveau justificatif médical et espère surmonter ces craintes et l’utiliser.
L’Inserm encourage ces femmes à franchir le pas sans culpabilité.
Un dispositif en cohérence avec les recherches menées à l’Inserm
La mise en place du congé menstruel s’inscrit dans la continuité des travaux scientifiques menés par l’Inserm sur la santé des femmes.
Des programmes de recherche, comme le Programme et Équipement Prioritaire de Recherche (PEPR) consacré à la santé des femmes et des couples, contribuent notamment à mieux comprendre les mécanismes de la dysménorrhée, de l’endométriose ou encore les symptômes liés à la périménopause et à la ménopause.
La périménopause et la ménopause entraînent des changements hormonaux naturels pouvant provoquer des symptômes variés et parfois handicapants, affectant le confort et le bien-être au quotidien. Le fait que l’Inserm prenne en compte ces douleurs contribue à faire évoluer les mentalités sur les réalités vécues par de nombreuses femmes et favorise un environnement de travail plus égalitaire entre hommes et femmes.
La reconnaissance de l’impact sur la qualité de vie des menstruations douloureuses, mais aussi des symptômes péri menstruels ou liés à la ménopause, est un sujet essentiel lorsqu’on travaille à améliorer l’équité femmes-hommes dans le milieu professionnel.
Une évolution plus large des autorisations spéciales d’absence
La mise en place du congé menstruel s’inscrit dans une logique plus large de soutien aux agentes et agents de l’Inserm, visant à concilier santé, vie personnelle et activité professionnelle.
En 2025, de nouvelles autorisations spéciales d’absence pour mieux prendre en compte la diversité des situations et renforcer l’égalité ont été mises en place :
- Une nouvelle ASA pour les procédures d’adoption : les agents engagés dans une démarche d’adoption peuvent désormais bénéficier d’absences autorisées pour participer aux entretiens obligatoires liés à l’obtention de l’agrément, facilitant ainsi la conciliation entre démarches administratives et activité professionnelle.
- L’élargissement de l’ASA liée à la procréation médicalement assistée (PMA) : jusqu’alors réservé aux femmes, ce dispositif est désormais accessible aux hommes suivant un traitement contre l’infertilité, renforçant ainsi l’égalité de traitement et la prise en compte de la diversité des parcours parentaux.