Cinq équipements de pointe pour faire avancer la recherche en cancérologie

L’appel à projets 2026 du programme Technologies de rupture en cancérologie (TREK) a retenu cinq projets. Cinq équipements de pointe s’apprêtent à rejoindre des unités de recherche pour faire progresser la compréhension des cancers et ouvrir de nouvelles perspectives en oncologie.

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Dans le cadre de la Stratégie décennale de lutte contre les cancers, l’Inserm finance des équipements capables de faire émerger des technologies innovantes avec le programme Technologies de rupture en cancérologie (TREK). Son objectif est de financer l’achat d’équipements de haute technologie permettant soit d’acquérir des données d’un type nouveau, soit d’améliorer de manière majeure l’acquisition de données déjà utilisées en recherche.

Système d’imagerie nucléaire de très haute précision

À Bordeaux, les chercheurs de l’Institut de Neurosciences cognitives et intégratives d’Aquitaine (INCIA) pourront utiliser un système d’imagerie nucléaire de très haute précision. Unique en France, cet appareil permettra d’observer plus finement les tumeurs, de suivre les molécules d’intérêt et de mieux évaluer des approches thérapeutiques ciblées.

Objectif : obtenir des images plus précises pour mieux comprendre le fonctionnement des tumeurs et faire progresser des stratégies associant diagnostic et traitement.

Porteur de projet : Clément Morgat, Professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH) en radiopharmacie au CHU de Bordeaux et à l’Université de Bordeaux

Microscopie de pointe

À Strasbourg, le laboratoire Immuno-rhumathologie moléculaire (IRM), accueillera un nouvel équipement de microscopie de pointe.

Cette technologie permettra d’observer, en direct et avec une très grande précision, comment les cellules cancéreuses se déplacent dans l’organisme, interagissent avec les tissus qui les entourent et finissent par former des métastases.

Objectif : mieux comprendre les étapes encore mal connues de la propagation du cancer, depuis les premiers déplacements des cellules tumorales jusqu’aux phases où elles peuvent rester silencieuses pendant un certain temps. Unique dans le Grand Est, cette installation aidera à mieux suivre l’évolution des tumeurs dans des modèles vivants et à éclairer des mécanismes essentiels de la progression métastatique.

Porteur de projet : Jacky Goetz, directeur de recherche Inserm, laboratoire Immuno-rhumathologie moléculaire (IRM)

Nouveaux équipements combinant plusieurs technologies

À Toulouse, l’Institut de pharmacologie et de biologie structurale (IPBS) pilotera le déploiement de nouveaux équipements capables d’analyser les tumeurs et leur environnement et d’isoler les cellules d’intérêt avec une très grande précision. Le projet combine plusieurs technologies, dont l’imagerie moléculaire, la microdissection laser et la protéomique à l’échelle de la cellule unique.

Objectif : mieux caractériser l’ensemble des cellules composant les tumeurs, notamment dans le cancer du sein, et de repérer des signatures biologiques en particulier métaboliques, permettant de comprendre l’agressivité des tumeurs

Porteuse de projet : Catherine Muller, professeure des universités, Institut de pharmacologie et de biologie structurale (IPBS)

Suivi d’activité métabolique par IRM

À Montpellier, les équipes de l’Institut de recherche en cancérologie (IRCM) bénéficieront d’un équipement d’IRM capable de suivre beaucoup plus finement l’activité métabolique des tumeurs. Cette technologie permettra d’observer, de façon non invasive et presque en temps réel, la manière dont certaines tumeurs utilisent et transforment des molécules.

Objectif : mieux étudier les cancers agressifs et l’apparition de résistances aux traitements.

Porteuse de projet :  Stéphanie Nougaret, directrice de recherche Inserm, Institut de recherche en cancérologie de Montpellier (IRMC)

Microscopie de nouvelle génération

Toujours à Montpellier, la plateforme BioCampus Montpellier s’appuiera sur un microscope de nouvelle génération pour explorer des structures cellulaires encore mal connues, appelées condensats biomoléculaires. Grâce à cet outil, les chercheurs pourront cartographier avec une grande précision les protéines présentes dans ces structures et mieux comprendre leur rôle dans la survie des cellules cancéreuses et leur résistance aux traitements.

Objectif : à terme, ce projet pourrait renouveler la compréhension du fonctionnement intime des cellules tumorales.

Porteur de projet : Dimitris Xirodimas, directeur de recherche Inserm, BioCampus Montpellier

Sur la photo : cellules de cancer du sein en culture.
Image de cellules tumorales humaines reprogrammées conditionnellement. La fluorescence rouge correspond au MHC‑I, tandis que les noyaux apparaissent en bleu. © Ewa Krawczyk (National Cancer Institute, Georgetown Lombardi Comprehensive Cancer Center)