L’aventure scientifique D’Alexandre PROLA

Auvergne-Rhône-Alpes
Ces boutons servent à modifier la taille des textes /

Alexandre Prola – Chercheur en physiopathologie musculaire et métabolisme

Mon parcours

J’ai commencé mon parcours universitaire en STAPS avec l’idée de devenir entraîneur sportif. Mais au fil de mes études, mon intérêt pour la science s’est développé, notamment grâce à mes lectures sur le métabolisme qui m’ont amené à m’interroger davantage sur les mécanismes sous-jacents de l’activité physique.

J’ai donc poursuivi un master de recherche sur l’activité physique et le sport, avec un fil directeur centré sur le métabolisme et les mitochondries. Mon intérêt pour la recherche s’est renforcé tout au long de mon master, m’amenant à réaliser une thèse en région parisienne (unité INSERM U1180), suivie d’un post-doctorat de cinq ans, également en Île-de-France (unité INSERM U955). Ces expériences m’ont permis d’approfondir mes recherches sur le métabolisme du muscle, mais cette fois dans un contexte pathologique. 

Par la suite, j’ai été maître-assistant à l’Université de Genève pendant quatre ans et demi, avant de réussir le concours de l’Inserm en 2024.

Pourquoi avoir choisi l’Inserm ?

J’ai choisi de rejoindre l’Inserm afin de poursuivre mes recherches en physiopathologie avec une approche plus transversale, en explorant le potentiel thérapeutique de mes découvertes à un niveau préclinique. . L’Inserm représente pour moi l’environnement idéal pour mener ces travaux sur le long terme. J’ai rejoint le LBFA(unité INSERM U1055), spécialisé dans l’étude du métabolisme et qui s’investit actuellement dans le développement de projets autour du muscle. Avec le recrutement récent de plusieurs chercheurs dans ce domaine, j’y bénéficierais d’un environnement scientifique stimulant.

Ma thématique de recherche

Je m’intéresse aux cellules souches musculaires, appelées cellules satellites, qui jouent un rôle essentiel dans la régénération musculaire en cas de blessure. Elles interviennent également dans l’hypertrophie musculaire et confèrent aux muscles leur plasticité.

Lorsque ces cellules fonctionnent correctement, elles permettent au muscle de s’adapter aux besoins locomoteurs. En revanche, dans le cas des myopathies, notamment la dystrophie musculaire de Duchenne, leur dysfonctionnement contribue à la dégénérescence musculaire. De même, chez les personnes âgées, un mauvais fonctionnement des cellules souches accentue la fonte musculaire liée au vieillissement.

Pourquoi cette spécialisation ?

Mon fil conducteur a toujours été l’étude du métabolisme, depuis ma licence jusqu’à ma thèse. J’ai toujours cherché à comprendre comment les mécanismes métaboliques influencent la fonction musculaire et comment ils peuvent être ciblés en cas de pathologie.

Ma problématique principale

L’objectif de mes recherches est de mieux comprendre ce qui régule le fonctionnement des cellules musculaires et le rôle du métabolisme dans leur activité. Une question centrale est de savoir si nous pouvons cibler certains processus métaboliques pour améliorer la régénération musculaire en contexte pathologique.

Pourquoi cette recherche est-elle importante ?

Pour la science
Actuellement, de plus en plus d’études montrent des liens entre le métabolisme et la régulation de l’expression des gènes, mais ces connexions restent encore mal comprises. Mon objectif est donc d’explorer plus en profondeur ces mécanismes pour identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Pour la société
De nombreuses pathologies sont liées à une mauvaise régulation de la masse musculaire : maladies neuromusculaires, vieillissement, troubles métaboliques… Mieux comprendre ces mécanismes pourrait permettre de développer des thérapies pour améliorer la qualité de vie des patients concernés.

Les défis rencontrés

L’un des défis majeurs en recherche est la difficulté à se projeter sur le long terme, notamment en raison des contraintes liées au financement et aux délais expérimentaux. Certains outils que j’aimerais développer demandent du temps, mais la pression des résultats rapides lorsqu’on n’a pas encore de poste stable complique leur mise en place.

Obtenir un poste à l’Inserm a nécessité beaucoup de persévérance, mais en s’accrochant, j’ai pu décrocher le concours.

Mes ambitions et perspectives d’avenir

Aujourd’hui, de plus en plus de chercheurs s’intéressent au métabolisme, et les découvertes récentes dans ce domaine ouvrent de nombreuses perspectives en recherche appliquée. Dans les années à venir, je m’investirai activement dans l’établissement de collaborations avec des cliniciens afin d’évaluer le potentiel thérapeutique de ces avancées.

A court terme, j’ai déjà déposé un projet ANR, et j’ai recruté un étudiant pour travailler avec moi. Mon objectif est de lui obtenir un financement de thèse, et de constituer un petit groupe de travail. A moyen terme, je souhaite diriger un groupe de recherche en me limitant à une dizaine de personne pour pouvoir rester proche des expérimentations, car c’est un aspect du métier qui me passionne.

Un mot de fin

La recherche, c’est un métier passionnant, mais aussi très fun ! Contrairement à l’image très sérieuse que le grand public peut avoir, on s’amuse beaucoup en travaillant sur des projets qui nous passionnent.