L’aventure scientifique de Chiara Scaramuzzino

Auvergne-Rhône-Alpes
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Découvrez le portrait de Chiara Scaramuzzino, chercheuse Inserm, sur le thème de la maladie de Huntington.

1. Présentation personnelle
Je m’appelle Chiara Scaramuzzino et je suis chercheuse spécialisée dans les maladies neurodégénératives. J’ai réalisé ma thèse à Gênes, en Italie, au sein de l’Italian Institute of Technology, où je me suis concentrée sur les maladies du neurone moteur. Après ma thèse, j’ai effectué un post-doctorat à Grenoble, dans une équipe Inserm dirigée par Frédéric Saudou. En 2024, j’ai réussi le concours Inserm et je travaille actuellement au laboratoire GIN (Grenoble Institut Neurosciences).

1.2 Pourquoi avoir rejoint l’Inserm ?
J’ai choisi de rejoindre l’Inserm car cet institut est idéalement positionné pour allier recherche fondamentale et applications médicales, un aspect fondamental à mes yeux. Mon post-doctorat au sein d’une équipe Inserm m’a déjà permis de découvrir cet environnement où la recherche est profondément ancrée dans la médecine, et c’est exactement ce que je recherche pour mes projets.

2. Quel est ton thème de recherche
Mon domaine de recherche est la maladie de Huntington, une pathologie neurodégénérative. Je m’intéresse particulièrement à la communication entre deux structures cérébrales majeures : le cortex et le striatum, qui sont gravement affectées par cette maladie. En temps normal, ces régions échangent des messages moléculaires appelés facteurs neurotrophiques, assurant la survie des cellules. Dans la maladie de Huntington, cette communication est rompue, entraînant la mort des cellules cérébrales. Mes travaux visent à restaurer cette transmission défaillante pour offrir de nouvelles pistes thérapeutiques aux patients.

2.2 Pourquoi avoir choisi ce domaine de recherche ?
Mon intérêt pour les maladies neurodégénératives s’est manifesté lors de mon master en neurobiologie à Pise, où j’ai approfondi l’étude du système nerveux. Cet intérêt s’est renforcé pendant mon doctorat axé sur ces pathologies, et ma rencontre avec Frédéric Saudou a été déterminante pour m’encourager à continuer dans cette voie.

3. Quelle est ta problématique principale
Mon objectif est d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques dans la maladie de Huntington, telles que des protéines ou des ARN modifiés. En restaurant leur fonction par le transport des organelles, nous pourrions potentiellement inverser certains des effets de la maladie. Cette identification est essentielle pour comprendre les mécanismes moléculaires sous-jacents et progresser vers une thérapie efficace.

3.2 Pourquoi cette problématique est-elle cruciale pour la science et la société ?
Les maladies neurodégénératives représentent un enjeu majeur de santé publique, avec un besoin urgent d’avancées thérapeutiques. En contribuant à cette recherche, j’espère participer à la recherche de solutions pour des pathologies encore incurables, notamment la maladie de Huntington.

4. As-tu rencontré des défis ?
Le plus grand défi de ma carrière a été de m’adapter aux nouvelles pratiques lors de mon post-doctorat, notamment après les différences entre ma thèse et cette période de transition. Cette phase a été difficile à gérer, mais elle a renforcé ma capacité à m’adapter.

4.2 Comment les as-tu surmontés ?
J’ai pu surmonter ces défis grâce au soutien précieux de mon chef d’équipe, Frédéric Saudou, qui m’a accompagnée tout au long de cette transition. Sa guidance et ses encouragements ont été essentiels pour rester motivée.

5. Quelles sont tes perspectives d’avenir
Je vois de nombreuses synergies se développer dans la recherche sur la maladie de Huntington, notamment avec un focus croissant sur l’aspect médical. Je suis convaincue que la collaboration entre chercheurs et neurologues deviendra essentielle pour faire avancer la recherche et développer des thérapies efficaces.

5.2 Tes projets et ambitions ?
Actuellement, je travaille sur un projet ANR en cours et je souhaite renforcer mes collaborations internationales, notamment avec un laboratoire en Italie. J’envisage également de développer un partenariat avec un laboratoire à Strasbourg et de continuer mes échanges avec une association aux États-Unis, qui m’a d’ailleurs récompensée par le prix de « jeune chercheuse » en 2023.

6. Message final
Être chercheur est un chemin rempli de défis, mais aussi d’une grande passion et curiosité. Ce qui me motive chaque jour, c’est l’espoir d’aider les patients, même si le chemin est parfois frustrant. Rester positive est essentiel, car les résultats peuvent être incroyablement gratifiants et porteurs d’espoir.