L’aventure scientifique de Julien Vezoli

Auvergne-Rhône-Alpes
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Découvrez le portrait de Julien VEZOLI, Chercheur Inserm au SBRI, sur le thème de l’activité frontale liée à la domaine chez le primate non humain.

1. Présentation personnelle
Je m’appelle Julien Vezoli et je suis chercheur au SBRI à Lyon. Mon parcours académique a débuté à Lille, où j’ai obtenu mon baccalauréat et ma licence en biologie, avant de poursuivre un master en neurosciences à l’Université Lyon 1. Ma thèse de six ans m’a permis de me spécialiser dans des projets à fort impact médical. C’est cette orientation pratique qui m’a poussé à rejoindre l’Inserm, un organisme unique qui allie recherche fondamentale et application médicale directe.

2. Quel est ton thème de recherche
Actuellement, mes recherches portent sur l’anatomie et l’activité du cortex, en particulier chez les primates non humains. Au cours de ma thèse, j’ai étudié la détection de l’activité cérébrale liée à la dopamine, particulièrement en lien avec les succès ou échecs, ainsi que l’impact des lésions dopaminergiques sur cette activité dans des maladies telles que Parkinson. L’objectif est de pouvoir détecter la maladie avant même l’apparition des symptômes moteurs. Nous explorons aussi des greffes pour compenser ces lésions et leurs effets sur les troubles moteurs et cognitifs, avec des résultats récemment publiés.

Lors de mon post-doctorat à Francfort, j’ai étudié la relation entre les connexions anatomiques et fonctionnelles du cerveau. Cette recherche m’a permis de proposer une hiérarchie fonctionnelle pour les chemins de transmission de l’information, d’abord chez le primate non humain, puis chez l’Homme. Aujourd’hui, je continue à étudier cette connectivité afin de mieux comprendre comment l’information est traitée au niveau cellulaire chez les primates. Mon objectif est de créer un connectome cellulaire des réseaux neuronaux chez le primate non humain, afin de favoriser des recherches appliquées et, à terme, développer des traitements pour l’Homme.

Je travaille également sur un projet ANR, portant sur des enregistrements physiologiques dans des aires cérébrales spécifiques, pour en évaluer le rôle dans la gestion de la conscience et tester certaines hypothèses sur le fonctionnement cérébral.

3. Quelle est ta problématique principale
La principale problématique que je cherche à résoudre est de mieux comprendre la connectivité anatomique et fonctionnelle au niveau cellulaire chez les primates non humains. Cette question reste encore largement sous-explorée, bien qu’elle soit essentielle pour transférer nos découvertes à l’Homme. La majorité des études se concentrent encore sur les souris, mais les recherches sur les primates sont cruciales pour approfondir la compréhension des mécanismes cérébraux spécifiques aux primates, dont l’Homme fait partie.

4. Tes perspectives et défis ?
En France, l’un des défis majeurs que je rencontre est la recherche de financement, un processus long et chronophage qui peut parfois entraver le travail scientifique. En Allemagne, le principal défi était de m’adapter à un nouveau cadre de vie, en organisant le déménagement de ma famille.

Pour surmonter ces obstacles, le soutien de mes collègues et celui de mon épouse ont été essentiels. Les échanges constructifs et le partage d’idées sont souvent des leviers puissants pour résoudre des problèmes et maintenir la motivation face aux difficultés.

5. Perspectives d’avenir
Je pense que la recherche sur les primates connaîtra un véritable renouveau dans les années à venir, en grande partie grâce au programme Brain Initiative lancé en 2013 par Barack Obama. Ce programme ouvre la voie à des découvertes plus profondes, avec des implications directes pour la médecine humaine.

Les trois grands axes de mes recherches futures seront la création d’un atlas cellulaire chez le primate, le traçage de la connectivité cellulaire et le développement d’outils d’optogénétique pour tester le rôle fonctionnel des réseaux neuronaux. Mon ambition est de diriger une équipe, d’obtenir des financements ANR et de renforcer les collaborations internationales, notamment avec les États-Unis. Je souhaite aussi encourager les échanges entre étudiants et développer des réseaux académiques internationaux.

6. Conclusion
Mon message serait de ne jamais abandonner ses rêves, de toujours rester passionné par ce que l’on fait et de persévérer dans ce qui nous anime. La recherche, bien que remplie de défis, est aussi une aventure formidable et gratifiante.