Découvrez Gaëtan JUBAN, chercheur Inserm, et ses recherches sur le rôle des macrophages dans la régénération musculaire.
1. Présentation personnelle
Je suis Gaëtan Juban, chercheur à l’INMG (Institut NeuroMyoGène) à Lyon, affilié à l’Inserm. Mon parcours académique a débuté à l’Université de Saint-Étienne, où j’ai obtenu une L2 en biologie, avant de poursuivre une licence et un master en biologie moléculaire à l’Université Lyon 1. J’ai ensuite réalisé ma thèse au Centre de Génétique Moléculaire et Cellulaire (CGMC) sous la direction de François Morlé. Après cela, j’ai effectué un post-doctorat à l’Université d’Oxford, où j’ai étudié un facteur de transcription chez les enfants trisomiques en lien avec un type particulier de leucémie.
Rejoindre l’Inserm et l’équipe de Bénédicte Chazaud à l’INMG a été une véritable opportunité pour moi, car cela m’a permis de lier mes compétences en biologie moléculaire à des problématiques cliniques concrètes, dans une démarche de recherche translationnelle. Cette dimension clinique est un aspect fondamental de ma démarche scientifique.
2. Quel est ton thème de recherche
Actuellement, mes travaux portent sur le rôle des macrophages dans la régénération musculaire, notamment dans le cadre de maladies comme la myopathie de Duchenne. Ces cellules, qui jouent un rôle clé dans la réparation des tissus musculaires après une blessure, deviennent anormales dans cette maladie, ce qui aggrave la condition des patients. L’objectif de mes recherches est de comprendre les mécanismes moléculaires qui expliquent cette dérégulation et d’explorer des pistes thérapeutiques pour restaurer leur fonctionnement normal.
Ce domaine m’a particulièrement attiré en raison de son caractère novateur et encore peu exploré, notamment l’idée de cibler les macrophages comme solution thérapeutique dans les maladies neuromusculaires. Ma précédente expérience en recherche sur la leucémie m’a permis de détecter des similarités intéressantes entre les processus de dérégulation cellulaire dans ces deux pathologies, ce qui a éveillé ma curiosité et m’a poussé à approfondir mes investigations dans ce domaine.
3. Quelle est ta problématique principale
La problématique principale que je cherche à résoudre est de comprendre pourquoi les macrophages, qui devraient disparaître du muscle après avoir accompli leur rôle de réparation, restent activés et deviennent anormaux dans la myopathie de Duchenne. Ce dérèglement aggrave la maladie et entraîne des complications supplémentaires. Mon objectif est d’identifier les réseaux de gènes et les mécanismes moléculaires sous-jacents à ce processus afin de cibler ces macrophages et les forcer à retrouver un comportement normal.
Cette problématique est d’une grande importance, tant pour la science que pour la société. La myopathie de Duchenne est une maladie dégénérative qui impacte gravement la qualité de vie des patients, dès leur enfance. Une meilleure compréhension de la dérégulation des macrophages pourrait offrir des solutions thérapeutiques novatrices et améliorer la prise en charge des patients. De plus, ces macrophages étant également impliqués dans d’autres maladies chroniques, des traitements ciblés pourraient être appliqués à des pathologies affectant des organes comme les poumons, le foie ou les reins.
4. As-tu rencontré des défis
Le principal défi que j’ai rencontré dans mes recherches réside dans la gestion de l’échec, une réalité inhérente à la recherche scientifique. Les expériences ne mènent pas toujours aux résultats attendus, et voir certaines hypothèses échouer peut être décourageant. Cependant, j’ai appris à surmonter ces défis grâce à la collaboration avec mes collègues, notamment Bénédicte Chazaud, qui m’apporte un soutien précieux. La persévérance et la flexibilité dans l’approche sont essentielles pour avancer dans ce domaine.
Pour surmonter ces obstacles, il est crucial de rester ouvert aux nouvelles perspectives et de ne pas se décourager face aux résultats inattendus. Parfois, c’est en explorant de nouvelles pistes que l’on fait des découvertes fondamentales.
5. Ses perspectives d’avenir
Je suis convaincu que l’approche thérapeutique consistant à cibler les macrophages dans les myopathies dégénératives va se développer dans les années à venir. Les macrophages jouent un rôle central dans de nombreux tissus et leurs dysfonctionnements sont impliqués dans plusieurs maladies chroniques affectant des organes comme les poumons, le foie et les reins. Par conséquent, il serait pertinent d’élargir ces recherches à d’autres pathologies.
Mon ambition est de voir nos découvertes aboutir à des essais cliniques dans les sept à huit prochaines années. Mon objectif est de développer des traitements capables de ralentir la progression de maladies comme la myopathie de Duchenne, tout en améliorant la qualité de vie des patients souffrant d’autres maladies chroniques.
6. Conclusion
Si je devais laisser un message à mes collègues, mes collaborateurs et au grand public, ce serait celui de l’importance de la résilience, de la persévérance et de la curiosité. Ces valeurs sont essentielles pour surmonter les défis de la recherche et poursuivre sans relâche les objectifs scientifiques qui nous tiennent à cœur.