Lorenzo Scipioni, décroche brillamment un ERC Starting Grant pour explorer de nouvelles frontières scientifiques

Un financement européen de 1,5 million d'euros sur 5 ans vient d'être attribué à Lorenzo Scipioni, chercheur au sein du Centre de recherches en cancérologie de Toulouse (CRCT) et titulaire de la Chaire Oncobreast, pour son projet ESPRESSO-Omics. Ce soutien du Conseil Européen de la Recherche (ERC), récompense à la fois son parcours prometteur, souligne l’impact scientifique et sociétal de ses travaux, et témoigne de l’engagement collectif de toute l’équipe et la dynamique d’excellence qui les animent.

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Arrivé à Toulouse à l’été 2024 en provenance de l’Université de Californie à Irvine (États-Unis), Lorenzo Scipioni a fondé l’équipe OncoBreast au CRCT, sur le site de l’Oncopole. Son installation a été rendue possible grâce à un financement d’amorçage de 1,5 million d’euros apporté conjointement par la Fondation TotalEnergies, la Fondation Toulouse Cancer Santé, l’Oncopole Claudius Regaud et l’Inserm. Ce premier soutien lui a permis d’initier son programme de recherche sur le cancer du sein triple négatif, l’une des formes les plus agressives et résistantes aux traitements (environ 9 000 cas en France chaque année).

S’appuyant sur des technologies de pointe, Lorenzo Scipioni a pour objectif de développer de nouvelles approches thérapeutiques et d’améliorer le pronostic des patientes touchées. C’est dans cette perspective qu’il met au point une technique innovante nommée ESPRESSO, combinant microscopie avancée, outils chimiques et informatique, permettant d’analyser finement le comportement de chaque cellule cancéreuse en temps réel.

Ce projet vise à identifier de nouveaux biomarqueurs pour déchiffrer les mécanismes de chimiorésistance dans le cancer du sein et, ainsi, prédire le risque de rechute. 

© Centre de recherches en cancérologie de Toulouse

A l’occasion de ce financement, Lorenzo Scipioni s’exprime sur le sens de sa recherche, la portée de ce soutien financier et les défis à venir. 

Le projet de recherche 

Pouvez-vous nous présenter votre projet de recherche en quelques mots ?
Le projet ESPRESSO-Omics utilise une combinaison de méthodes d’imagerie avancées pour « remonter le temps » et identifier non seulement les cellules qui survivent à la chimiothérapie, mais aussi pour retracer toute leur histoire, fournissant ainsi de nouvelles cibles thérapeutiques. Pour ce faire, on analyse les organites, les » petits organes » de la cellule qui régulent la santé et le comportement de la cellule, à l’instar des organes de notre corps.

Quels en sont les principaux objectifs ?
Nous avons deux objectifs principaux, comprendre le rôle des organites dans le cancer du sein et utiliser ces informations pour étudier sa résistance à la chimiothérapie. En fin de compte, nous espérons trouver de nouveaux biomarqueurs, basés sur les signatures des organites, pour déchiffrer les mécanismes de chimiorésistance dans le cancer du sein.

Qu’est-ce qui rend votre projet particulièrement innovant ou original ?
Normalement, les techniques qui peuvent relayer des informations de haute dimension à partir de cellules uniques sont limitées à un seul moment dans le temps. ESPRESSO-Omics peut le faire avec une résolution temporelle pratiquement illimitée, ce qui permet d’accéder à l’histoire complète de chaque cellule.

L’aventure ERC

Que représente pour vous l’obtention de cet ERC Starting Grant ?
Pour moi, cette bourse n’est pas seulement une simple somme d’argent qui permet à mon équipe de travailler, mais elle représente une validation de la part de mes pairs et des experts dans le domaine, ce qui signifie beaucoup pour moi à ce stade de ma carrière.

Comment ce financement va-t-il concrètement aider votre projet ?
Tout simplement, ce projet n’aurait pas été possible sans ce type de soutien. Bien que compétitif, l’ERC permet de s’engager dans des projets de grande envergure et à long terme qui, en tant que nouveau chef d’équipe, représenteront les caractéristiques essentielles de mon équipe à l’avenir.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes chercheurs ou chercheuses qui souhaitent candidater à un ERC ?
Demandez de l’aide et n’abandonnez pas ! J’ai eu de nombreuses et précieuses discussions avec beaucoup d’amis et d’experts dans divers domaines qui m’ont donné des conseils importants sur la manière d’améliorer ma proposition. De plus, la proposition elle-même prend beaucoup de temps et implique plusieurs personnes de l’institution d’accueil, alors commencez à vous préparer tôt.

Perspectives et impact

En quoi ce projet peut-il bénéficier à la société ou à un domaine d’application concret ?
Dans un premier temps, nous espérons démontrer que notre méthode permet de prédire la possibilité d’une rechute dans le cancer du sein. Par la suite, nous nous dirigerons vers la sélection ou la découverte de thérapies basées sur nos connaissances, et nous pourrons éventuellement étendre l’application de cette méthode à d’autres cancers.

Quelles sont les prochaines grandes étapes ou objectifs du projet ?
Tout d’abord, le recrutement et la planification. Le projet implique de nombreux professionnels, de la physique à la bio-informatique, en passant par la biologie et la médecine. La priorité sera de recruter le personnel clé le plus rapidement possible et de mettre en place un plan global d’interaction entre les différentes disciplines.

Quels sont vos rêves ou ambitions à plus long terme dans la recherche ?
Issu d’une formation en physique, mon objectif à court terme est de développer une expertise en biologie du cancer et en applications cliniques. Historiquement, la microscopie a toujours fait partie intégrante de la biologie et de la médecine, et des avancées technologiques incroyables ont été réalisées ces dernières années. À long terme, j’espère inciter davantage de laboratoires technologiques à travailler en contact avec (ou au sein) des centres de recherche en biologie ou en cancérologie, et vice-versa.

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