Cette année encore, la Fondation BMS renouvelle son soutien aux chercheurs et chercheuses dont les projets explorent de nouvelles approches thérapeutiques et renforcent le lien entre recherche fondamentale et applications cliniques.
Trois chercheuses ont ainsi été distinguées pour la qualité et le potentiel innovant de leurs travaux, illustrant la richesse du tissu scientifique toulousain et la complémentarité des approches développées dans le domaine de l’immuno-oncologie.

Développement d’un anticorps thérapeutique ciblant les macrophages associés aux tumeurs dans le cancer du poumon
Mary Poupot, chercheuse Inserm au Centre de recherches en cancérologie de Toulouse (CRCT, unité 1037 Inserm/Université de Toulouse/CNRS), consacre ses travaux au développement d’un nouvel anticorps thérapeutique ciblant les macrophages associés aux tumeurs dans le cancer du poumon.
Ces cellules du système immunitaire, habituellement chargées de défendre l’organisme, peuvent dans certains contextes être « détournées » par la tumeur pour favoriser sa croissance et résister aux traitements.
L’équipe de recherche a mis au point un anticorps monoclonal capable de reconnaître et neutraliser spécifiquement les macrophages pro-tumoraux de type M2 tout en préservant les autres cellules immunitaires utiles à la défense de l’organisme. Couplé à une molécule cytotoxique, cet anticorps devient un anticorps conjugué à une drogue susceptible d’éliminer de manière sélective ces cellules délétères au sein de la tumeur.
Cette stratégie, encore en phase préclinique, pourrait à terme renforcer l’efficacité des immunothérapies actuelles et offrir une nouvelle option thérapeutique dans les cancers du poumon, notamment pour les formes résistantes aux traitements existants.
Grâce au soutien de la Fondation BMS, Mary Poupot et son équipe vont désormais tester l’efficacité de cette approche dans plusieurs modèles expérimentaux, et identifier les biomarqueurs prédictifs qui permettront, à terme, de mieux cibler les patients susceptibles d’en bénéficier.
La recherche contre le cancer est encore essentielle aujourd’hui car trop de patients ne répondent pas ou peu aux traitements actuels. Le soutien de la Fondation BMS est une aide précieuse pour faire avancer des projets tant fondamentaux que appliqués. Dans notre cas, ce partenariat nous donne les moyens de montrer l’efficacité in vivo de notre anticorps innovant pour envisager à terme une nouvelle immunothérapie anticancéreuse.
Parmi les lauréates, deux chercheuses de l’Institut toulousain des maladies infectieuses et inflammatoires (Infinity, unité 1291 Inserm/Université de Toulouse/CNRS) ont été récompensées pour des projets explorant de nouvelles façons de comprendre et d’activer les défenses immunitaires contre le cancer.
Sophie Laffont-Pradines, s’intéresse aux différences biologiques entre les individus, notamment les biais liés au sexe, et plus particulièrement celles d’origine génétique ou épigénétique associés au chromosome X, pour comprendre comment elles peuvent influencer la capacité du système immunitaire à reconnaître et éliminer les cellules cancéreuses. Son projet se concentre sur la dérégulation du mécanisme d’inactivation du chromosome X et son impact sur la réponse immunitaire antitumorale.
En étudiant ces mécanismes, Sophie Laffont-Pradines espère non seulement mieux comprendre les différences de réponse entre femmes et hommes face au cancer, mais aussi identifier de nouvelles cibles moléculaires susceptibles d’améliorer les traitements.
De son côté, Isabelle Lamsoul, concentre ses recherches sur les cellules Natural Killer (NK), véritables « sentinelles » du système immunitaire capables de détecter et détruire les cellules cancéreuses. Son projet vise à renforcer l’efficacité des immunothérapies en optimisant l’action de ces cellules NK.
Au cœur de son approche se trouve la voie de l’ubiquitine, un mécanisme important qui régule la vie des protéines dans les cellules, certaines sont marquées pour être dégradées, d’autres sont maintenues actives, ce qui influence le bon fonctionnement des cellules immunitaires, y compris les NK.
En modulant cette voie, Isabelle Lamsoul cherche à améliorer la durée et la puissance de l’activité des cellules NK, en les rendant plus résistantes et plus performantes, pour qu’elles puissent mieux exercer leur rôle dans la destruction des cellules tumorales. L’objectif est de développer des immunothérapies plus ciblées et plus efficaces, tirant parti du potentiel naturel des NK pour combattre le cancer.
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