L’aventure scientifique de Marine MONDINO

Auvergne-Rhône-Alpes
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Marine Mondino – Chercheuse en neurosciences et santé mentale

Un parcours dédié aux sciences cognitives et à la recherche clinique

Mon parcours universitaire a débuté par une licence en sciences cognitives à l’Université Lyon 2, suivie d’un master et d’un doctorat en neurosciences à l’Université Lyon 1, où j’ai mené des recherches sur les hallucinations dans la schizophrénie.

En 2014, j’ai poursuivi ma formation par un postdoctorat au Canada, axé sur la stimulation cérébrale non invasive. Cette expérience a été déterminante dans l’orientation de mes recherches vers des approches innovantes pour explorer et traiter les symptômes des troubles psychiatriques.

De retour en France en 2018, j’ai intégré l’équipe PsyR2 du Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (CRNL) au sein du Vinatier, où j’ai poursuivi mes travaux. L’année 2024 a marqué une nouvelle étape avec ma réussite au concours de l’Inserm, une opportunité de stabiliser ma carrière et de poursuivre des recherches à forte portée clinique.

Un engagement vers la recherche médicale et l’Inserm

Mon choix de rejoindre l’Inserm repose sur la finalité plus clinique de mes recherches. L’approche médicale et appliquée, en lien direct avec les patients, correspond pleinement à mon objectif de mieux comprendre la physiopathologie pour développer des solutions thérapeutiques concrètes.

L’Inserm offre également un cadre stable pour mener des études sur le long terme, ce qui est essentiel dans la vie de chercheur.

Comprendre et traiter les hallucinations dans la schizophrénie

Les hallucinations constituent un symptôme majeur de la schizophrénie, touchant environ 80 % des patients. Mon travail vise à comprendre les mécanismes cérébraux impliqués dans ces expériences et à explorer de nouvelles méthodes d’intervention lorsque les traitements médicamenteux s’avèrent insuffisants.

Dans cette optique, je développe des techniques de neuromodulation et de stimulation cérébrale non invasive. L’objectif est non seulement de mieux comprendre comment ces hallucinations émergent, mais aussi de proposer des approches alternatives pour les atténuer et améliorer la qualité de vie des patients.

Un phénomène fascinant au croisement des neurosciences et de la psychiatrie

Les hallucinations sont un sujet d’étude captivant, à la frontière entre expérience vécue et perception altérée de la réalité. Ce qui m’interpelle particulièrement, c’est de comprendre comment le cerveau peut générer des perceptions déconnectées du monde réel.

La schizophrénie est une pathologie complexe qui soulève des questions fondamentales sur la distinction entre imagination et perception. Mon travail cherche à identifier les dysfonctionnements neuronaux qui conduisent à ces altérations sensorielles et cognitives.

Vers de nouvelles approches thérapeutiques

Au-delà de la compréhension des mécanismes cérébraux, mon objectif est d’explorer des solutions thérapeutiques innovantes. En complément des traitements médicamenteux, la stimulation cérébrale non invasive offre des perspectives prometteuses pour réduire les hallucinations et améliorer la prise en charge des patients.

Cette approche permet d’agir directement sur les circuits neuronaux impliqués et d’adapter les interventions en fonction des spécificités de chaque individu. L’enjeu est de développer des protocoles ciblés et personnalisés pour maximiser les bénéfices thérapeutiques.

Les défis de la recherche en psychiatrie

L’un des défis majeurs de mon parcours a été la réussite du concours Inserm, une étape essentielle pour poursuivre mes recherches dans des conditions optimales. 

Un obstacle récurrent dans les études sur la schizophrénie réside dans le recrutement des patients. Bien que ces études soient essentielles pour mieux comprendre la pathologie et tester de nouvelles interventions, mobiliser les patients ainsi que les cliniciens peut s’avérer complexe. En conséquence, les études menées en populations cliniques nécessitent souvent plus de temps, mais restent indispensables pour développer de nouvelles approches thérapeutiques.

Heureusement, j’ai pu compter sur le soutien de mon équipe et de mon environnement de recherche, notamment au CRNL et au Vinatier, ce qui a été déterminant dans ma progression et mes réussites.

Une évolution positive et une reconnaissance croissante de la santé mentale

Ces dernières années, la santé mentale bénéficie d’une attention croissante, avec une meilleure sensibilisation du grand public et une augmentation des financements dédiés à la recherche. Cette évolution est essentielle pour faire avancer les connaissances et améliorer la prise en charge des troubles psychiatriques.

Je porte actuellement un projet de recherche financé, qui vise à développer des techniques de stimulation cérébrale pour cibler les formes les plus sévères d’hallucinations. Mon objectif est d’identifier et d’isoler les circuits cérébraux impliqués, afin d’adapter les interventions thérapeutiques aux besoins spécifiques de chaque patient.

À plus long terme, j’aspire à poursuivre l’encadrement de doctorants et d’étudiants en neurosciences, et à passer mon Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) afin d’officialiser cette responsabilité et pouvoir superviser des thèses de manière autonome.

Une recherche engagée pour un impact sociétal direct

Ce qui me motive avant tout dans mon travail, c’est la perspective d’avoir un impact réel sur la société. La recherche en santé mentale ne se limite pas à une exploration scientifique : elle a des implications concrètes pour améliorer le bien-être de nombreuses personnes, en France et à travers le monde.

Contribuer à une meilleure compréhension des troubles psychiatriques et à l’élaboration de nouvelles solutions thérapeutiques est une mission qui donne tout son sens à mon engagement dans la recherche.