Gergő Gógl distingué par la Fondation Bettencourt Schueller dans le cadre d’Impulscience 2025

Paca et Corse
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La Fondation Bettencourt Schueller a récemment distingué neuf chercheurs d’exception en sciences de la vie. Parmi eux, Gergő Gógl, chargé de recherche à l’Inserm et responsable de l’équipe « Interactomique quantitative et réseaux liés aux maladies » à l’Institut de Biologie Valrose (iBV, Nice), a été récompensé dans le cadre du programme Impulscience 2025 pour ses travaux innovants sur les interactions entre protéines.

Comprendre les réseaux d’interaction des protéines

Dans chaque cellule, les protéines communiquent entre elles via des interactions physiques qui orchestrent de nombreux processus biologiques. Gergő Gógl s’intéresse particulièrement aux interactions de courte durée, difficiles à détecter mais essentielles pour la régulation de l’activité protéique et la coordination des fonctions cellulaires.

Ces interactions sont souvent médiées par de courts motifs linéaires composés de quelques acides aminés et situés dans des régions désordonnées des protéines, dépourvues de structure stable. Bien que minuscules, ces motifs jouent un rôle clé dans la cellule, et leurs altérations peuvent être associées à des maladies, du cancer à des troubles neurodégénératifs.

Une approche innovante pour explorer les « motifs orphelins »

Un grand défi reste l’identification des motifs orphelins, c’est-à-dire des motifs dont les partenaires ou fonctions cellulaires sont inconnus. Pour les étudier, l’équipe de Gergő Gógl a mis au point la méthode nHU, capable de détecter des interactions éphémères à grande échelle, avec une sensibilité et une précision inédites, et dans des conditions proches de celles observées dans la cellule.

Grâce au soutien d’Impulscience, le projet vise à :

  • Identifier les partenaires des motifs orphelins,
  • Vérifier que ces interactions se produisent entre protéines complètes,
  • Déterminer les conditions cellulaires dans lesquelles elles se produisent,
  • Étudier l’impact de mutations sur ces interactions et leurs conséquences pour la cellule.

Cette approche quantitative et biophysique ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre comment ces micro-interactions orchestrent des fonctions cellulaires cruciales et pourquoi leur dérèglement peut conduire à la maladie.

Portrait du chercheur

Biochimiste de formation, Gergő Gógl a commencé sa carrière en Hongrie, à l’Université Eötvös Loránd, où il a soutenu sa thèse en biologie structurale sur l’activation des protéines de signalisation. Arrivé en France en 2019 à l’Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (Illkirch), il élargit ses recherches aux réseaux d’interactions protéiques, notamment entre protéines virales et humaines. Depuis 2023, il est chargé de recherche Inserm et a créé sa propre équipe à l’iBV en 2024.