Un bâtiment, une histoire scientifique
En décembre 1976, un bâtiment dédié à la recherche en cardiologie était inauguré à Pessac, en présence de Simone Veil, alors ministre de la Santé, de Constant Burg, directeur de l’Inserm, de Jacques Chaban-Delmas, maire de Bordeaux, ainsi que de plusieurs représentants des institutions locales et universitaires. Cet événement marquait une étape importante dans l’histoire de l’unité créée en 1960, parmi les premières de l’Institut national d’hygiène, ancêtre de l’Inserm.



Cinquante ans plus tard, ce même bâtiment accueille toujours cette unité, dont les appellations ont évolué au fil des décennies : unité 8 à sa création, unité 441 « Athérosclérose : déterminisme cellulaire et moléculaire, conséquences fonctionnelles » en 1996, unité 828 « Adaptation cardiovasculaire à l’ischémie » en 2007, puis unité 1034 « Biologie des maladies cardiovasculaires » depuis 2016. Une continuité remarquable, qui témoigne de la capacité de la recherche biomédicale à se renouveler tout en s’appuyant sur une histoire et un savoir-faire collectif.
La célébration a rassemblé de nombreux représentants institutionnels : Richard Salives, Délégué Régional de l’Inserm ; Jean-René Cazalets, Vice-Président Recherche de l’université de Bordeaux ; Carles de Bideran, Directeur de la Recherche et l’Innovation du CHU de Bordeaux ; Philippe Nauche, Vice-Président en charge de la Santé et de la Silver économie de la Région Nouvelle-Aquitaine ; Chantal Boulanger, Directrice de l’institut thématique « Physiologie, métabolisme, nutrition » ; Thierry Noël, Directeur du département « Sciences Biologiques et Médicales » (SBM) de l’université de Bordeaux ; et Igor Sibon, Directeur par intérim de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) VBHI.

La présence de plusieurs anciens scientifiques de l’unité a également donné une dimension particulière à cette célébration. Leurs souvenirs et anecdotes ont fait revivre les grandes étapes de cette aventure, rappelant combien l’histoire de l’unité s’est construite grâce à l’ambition des directeurs successifs et l’engagement de plusieurs générations de chercheurs et de personnels.
Des thématiques de recherche en constante évolution
Au fil des décennies, les travaux de l’unité ont accompagné les grandes transformations de la recherche cardiovasculaire. Comme l’a rappelé Thierry Couffinhal, directeur de l’unité, les recherches, initialement centrées sur l’athérothrombose, se sont progressivement élargies à l’angiogenèse, puis plus récemment à la maladie des petits vaisseaux.
Biochimie et enzymologie vasculaires, hémodynamique cardiovasculaire, biologie cellulaire du muscle lisse, signalisation moléculaire, hématologie et thrombose, génomique et cardio-neurovasculaire : la diversité des thématiques reflète la richesse des expertises réunies au sein de l’unité. Chimistes, bio-informaticiens, pharmaciens, hématologues, médecins et biologistes conjuguent leurs compétences pour mieux comprendre les mécanismes des maladies et identifier de nouvelles pistes thérapeutiques. Les méthodes ont elles aussi profondément évolué, des premières techniques de chromatographie et de culture cellulaire aux modèles de souris transgéniques, aux approches omiques et à l’intelligence artificielle, permettant d’élargir considérablement les possibilités d’exploration du système vasculaire.
Les liens étroits de l’unité avec le CHU de Bordeaux permettent de rapprocher recherche fondamentale et pratique clinique. Les travaux de l’unité ont notamment contribué au développement d’activités dans les domaines de l’athérosclérose, de la microcirculation cardiaque et de l’hématopoïèse clonale (CHIP) et de la thrombose. Une complémentarité essentielle pour faire progresser les connaissances et améliorer la prise en charge des patients.
Une aventure collective
Au-delà de l’aspect scientifique, cet anniversaire a mis à l’honneur les femmes et les hommes qui ont contribué à bâtir l’histoire de l’unité et qui continuent de la faire vivre au quotidien.
Chantal Boulanger a souligné le rôle essentiel de l’ensemble des personnels, scientifiques, techniques et administratifs, dont les compétences et l’engagement constituent le socle de cette réussite collective. Le dynamisme de l’unité, ses collaborations avec le CHU et l’implication de praticiens hospitaliers dans ses travaux participent au rayonnement mondial de la recherche sur le système vasculaire.
Thierry Noël a, pour sa part, rappelé la place de l’unité dans le paysage scientifique de l’université de Bordeaux. Son histoire est notamment marquée par l’engagement d’Alain Pierre, ancien directeur du département SBM et chercheur Inserm, qui illustre les liens étroits noués au fil des années entre l’unité et l’université. L’accueil et la formation des étudiants et des médecins contribuent à entretenir cette dynamique et à susciter de nouvelles vocations.
Ancien doctorant de l’unité, aujourd’hui directeur par intérim de IHU VBHI, Igor Sibon a quant à lui, souligné le rôle prépondérant de l’unité dans la création et le développement de cet institut, ainsi que les perspectives que cela ouvre.
La transmission des savoirs et le partage des connaissances occupent ainsi une place centrale dans la vie de l’unité. Son engagement dans la formation, mais aussi dans des actions de médiation scientifique, témoigne de sa volonté de faire découvrir la recherche biomédicale au plus grand nombre et de sensibiliser le public à ses enjeux.
Préparer les recherches de demain
Si les approches et les technologies ont considérablement évolué, l’objectif demeure inchangé : mieux comprendre les maladies cardiovasculaires pour mieux les prévenir et les soigner. Le vieillissement de la population, les interactions entre le cœur, le cerveau et les vaisseaux, ainsi que l’insuffisance cardiaque figurent parmi les principaux défis scientifiques des prochaines années. Pour les relever, l’unité pourra s’appuyer sur ses collaborations nationales et internationales, les programmes européens et les perspectives offertes par l’IHU VBHI.
Pour accompagner cette ambition, le bâtiment fait aujourd’hui l’objet d’une extension financée par l’Inserm et la Région Nouvelle-Aquitaine. Un investissement essentiel pour adapter les infrastructures aux besoins de l’unité et d’accompagner le développement de leurs recherches.
Cinquante ans après son inauguration, ce bâtiment demeure un lieu de recherche, de transmission et d’innovation, façonné par les générations successives de scientifiques et de personnels. Une histoire collective qui se poursuit avec une ambition commune : faire avancer la recherche cardiovasculaire au bénéfice des patients.