Organisation de l’Inserm : du niveau local au pilotage national

Délégué régional, référent scientifique, directeur d’unité, secrétaire général, institut thématique… Plusieurs acteurs peuvent intervenir autour d’un même projet de recherche. Pour les équipes, la frontière entre leurs rôles n’est pas toujours évidente. Petit rappel pour comprendre cette organisation.

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Imaginons une situation courante : une équipe souhaite développer un nouveau projet avec son université, un CHU et plusieurs partenaires scientifiques. Le projet est d’abord une idée de recherche. Mais pour prendre de l’ampleur, il devra aussi trouver sa place dans l’unité, dans son écosystème scientifique local et dans la stratégie nationale de l’Inserm.

Cinq rôles, cinq échelles d’intervention

Le directeur ou la directrice d’unité : porter le projet scientifique

À l’échelle de l’unité, la première responsabilité est scientifique : définir les orientations de la structure, fédérer les équipes et porter son projet auprès des tutelles et des partenaires. Le directeur ou la directrice peut donc être à l’origine d’un projet de structuration, d’un partenariat, d’une évolution de l’unité ou d’une demande de moyens.

Mais la réussite du projet dépend aussi de ce qui permet à la structure de fonctionner au quotidien. C’est là qu’intervient, selon la taille de l’unité, le secrétaire général.

Secrétaire général : donner à la structure les moyens d’agir

Aux côtés de la direction, le secrétaire général organise les moyens nécessaires à la mise en œuvre du projet de recherche. Son périmètre couvre la gestion administrative, financière et logistique : ressources humaines, budget, achats, conventions, ou encore patrimoine, selon l’organisation de la structure. 

Sa question clé : de quels moyens, de quelle organisation et de quels appuis les équipes ont-elles besoin pour mener leurs activités ? 

Référent scientifique : relier le site à la stratégie de l’Inserm

Le référent scientifique intervient à une autre échelle : celle du site scientifique. 

L’Inserm compte 26 référents scientifiques. Leur périmètre répond à la densité des écosystèmes de recherche : une même délégation régionale peut couvrir plusieurs sites scientifiques. En Auvergne-Rhône-Alpes, trois référents suivent ainsi les sites de Lyon-Saint-Étienne, Grenoble et Clermont-Ferrand, qui regroupent 26 unités mixtes de recherche et 850 agents Inserm.

Leur mission est triple :

  • faire connaître la stratégie scientifique de l’Inserm aux partenaires du site ;
  • contribuer à la politique scientifique du site, en cohérence avec la stratégie nationale de l’Inserm ;
  • faire remonter à la direction de l’Institut et aux instituts thématiques les orientations scientifiques du site.

Concrètement, cela signifie représenter l’Inserm dans les espaces où se construisent les projets scientifiques locaux, avec les universités, les CHU, les écoles, les organismes de recherche et les autres partenaires. Là où le délégué régional porte une vision territoriale et institutionnelle des structures Inserm, le référent apporte une lecture scientifique du site et de son écosystème. 

Sa question clé : quelles dynamiques scientifiques locales émergent, avec quels partenaires, et comment les inscrire dans la stratégie nationale de l’Inserm ?

Le délégué régional : coordonner les forces d’un territoire

Le délégué régional représente le président-directeur général de l’Inserm dans sa circonscription. Il porte la voix de l’Institut auprès des partenaires locaux et fait remonter aux services centraux les besoins et informations du terrain, utiles aux décisions de l’Inserm.

L’Institut compte 12 délégations régionales, qui assurent l’accompagnement de proximité des structures. Leurs services prennent notamment en charge la gestion des ressources humaines et des moyens financiers, ainsi que les questions de patrimoine et de prévention.

Sa question clé : comment faire le lien entre les besoins des structures, leur environnement institutionnel et les services centraux de l’Inserm ?

Les instituts thématiques et la direction nationale : irriguer la politique scientifique

Au niveau national, l’Inserm est organisé en neuf instituts thématiques, qui ont vocation à couvrir l’ensemble des disciplines du secteur des sciences de la vie et de la santé et mettent en œuvre la politique scientifique dans leurs champs respectifs. Leur rôle est notamment de réaliser un état des lieux de la recherche dans leur domaine, d’animer la communauté scientifique et de définir une stratégie et des grands objectifs.

Leur périmètre est donc différent de celui d’un site ou d’une délégation : il est thématique et national.

Leur question clé : quels objectifs et quelles priorités pour leur champ scientifique ?

Au-delà des instituts thématiques, la direction générale déléguée à la stratégie scientifique porte la vision d’ensemble de l’Inserm. Elle s’appuie notamment sur les instituts thématiques pour identifier les champs scientifiques émergents et définir les priorités de l’Institut, ainsi que sur le département des Programmes stratégiques pour les traduire en programmes de recherche. 

Leur question clé : comment articuler ces priorités dans la stratégie scientifique de l’Inserm ?