Publication dans la revue Nature Communications
Une découverte significative vient d’être réalisée dans le domaine de l’hépatite auto-immune, une maladie rare caractérisée par la destruction des cellules du foie par notre propre système immunitaire. Les équipes du Dr Amédée Renand (laboratoire CR2TI, Inserm, Université de Nantes) et du Dr Pierre Milpied (laboratoire CIML, Inserm, CNRS, Aix Marseille Université) ont uni leurs forces pour faire progresser notre compréhension de cette pathologie complexe.
Au cœur de cette maladie se trouvent des lymphocytes particuliers, dits « auto-réactifs », qui s’attaquent à des protéines spécifiques du foie, les auto-antigènes. Grâce à des techniques innovantes de culture cellulaire et de séquençage à l’échelle de la cellule unique, les chercheurs ont réussi à identifier et caractériser ces cellules directement dans le sang des patients. Cette avancée marque une étape importante dans la recherche sur l’hépatite auto-immune.
L’étude a débuté par un travail minutieux d’identification et d’isolement des lymphocytes auto-réactifs à partir d’échantillons sanguins. L’analyse approfondie de leurs gènes, réalisée par séquençage à haut débit au CIML, a révélé que ces cellules avaient participé à une activité immunitaire destructrice dans le foie avant d’être détectées dans le sang. Pour confirmer cette hypothèse, l’équipe nantaise a analysé la présence de ces cellules dans les biopsies hépatiques des patients.
Face aux défis techniques posés par la petite taille des biopsies hépatiques, les chercheurs ont développé une approche novatrice. Ils ont d’abord identifié les lymphocytes les plus abondants dans les biopsies, puis ont utilisé leur « carte d’identité » moléculaire (le TCR) pour retrouver ces mêmes cellules dans le sang des patients. Cette analyse croisée a permis de démontrer que les lymphocytes présents dans le sang partageaient les caractéristiques des cellules auto-réactives.
Pour valider ces observations, un modèle d’étude chez la souris a été développé à Nantes. Ce modèle a permis de suivre les lymphocytes auto-réactifs pendant leur réponse immunitaire contre un auto-antigène du foie, confirmant que les caractéristiques biologiques observées dans le sang étaient bien la conséquence de leur activité destructrice dans le foie.
Cette collaboration fructueuse entre le CR2TI et le CIML ouvre des perspectives prometteuses pour les patients. Elle démontre qu’il est désormais possible de détecter et caractériser les lymphocytes responsables de la destruction du foie à partir d’une simple prise de sang, évitant ainsi le recours systématique à des biopsies invasives. Cette avancée majeure laisse entrevoir de nouvelles possibilités pour le développement de biomarqueurs et l’identification de cibles thérapeutiques, offrant ainsi de nouveaux espoirs pour le traitement de l’hépatite auto-immune.

Voir la publication : https://www.nature.com/articles/s41467-025 – 56363‑2
Contact chercheur
Pierre MILPIED, CRCN, PhD
CIML – Centre d’Immunologie Marseille-Luminy (AMU/CNRS/Inserm)
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