Découvrez le portrait de Michaël Pereira, chercheur Inserm nouvellement recruté, lauréat d’un ERC au Grenoble Institut des Neurosciences – GIN.
Ses recherches portent sur la provenance des états subjectifs et l’émergence de leurs mécanismes appliqués, entre autre, aux hallucinations dans la maladie de Parkinson.
1. Présentation personnelle
Je m’appelle Michael Pereira. Mon parcours a débuté avec des études en télécommunications, suivies d’une expérience professionnelle en tant qu’ingénieur chez Sony, en Allemagne. Bien que ce travail soit enrichissant, j’ai ressenti le besoin de me rapprocher du monde médical. C’est ainsi que j’ai décidé de faire une thèse d’ingénieur, axée sur les enregistrements EEG, ce qui m’a naturellement conduit vers les neurosciences.
Par la suite, j’ai effectué un post-doctorat en neurosciences cognitives à Genève, avant de rejoindre le Laboratoire de Psychologie et NeuroCognition du CNRS et de l’Université Grenoble Alpes (UGA) à Grenoble. Aujourd’hui, je travaille au sein du Grenoble Institut des Neurosciences (GIN).
1.2 Pourquoi avoir choisi l’Inserm ?
J’ai choisi l’Inserm car il s’agit d’une institution bien ancrée dans le domaine médical. L’Inserm permet de poser des questions plus directement liées à la pratique clinique, ce qui favorise une recherche translationnelle. De plus, j’ai trouvé un véritable épanouissement au sein de mon équipe actuelle, ce qui a renforcé mon choix.
2. Quel est ton thème de recherche
Mon projet de recherche s’articule autour de plusieurs domaines. Grâce à un financement ERC, j’étudie les mécanismes cérébraux liés aux états subjectifs en enregistrant l’activité de neurones uniques chez l’humain. Je compare ensuite cette activité à des simulations de modèles computationnels de réseaux de neurones. Je m’intéresse principalement aux hallucinations, qui posent des questions cliniques passionnantes.
Sur le plan clinique, j’ai une volonté forte d’appliquer mes découvertes aux hallucinations dans la maladie de Parkinson. Je m’intéresse également à des aspects psychiatriques, en particulier aux mécanismes cérébraux liés à des troubles obsessionnels compulsifs (TOC).
2.2 Pourquoi ce sujet ?
Mon intérêt pour l’étude scientifique de la conscience et les nombreuses pathologies qui s’y rattachent m’a naturellement conduit vers ce domaine d’étude. De plus, des opportunités se sont présentées, et elles m’ont permis de me lancer dans cette direction, ce qui a enrichi mon parcours scientifique.
3. Quelle est ta problématique principale
La question centrale de mes recherches est de comprendre d’où proviennent les états subjectifs chez l’humain et à partir de quels mécanismes ils émergent.
3.2 Pourquoi cette problématique est-elle importante selon toi ?
Peu de centres ont accès à des enregistrements de neurones uniques chez l’humain. De nombreuses pathologies psychiatriques en dépendent, et comprendre ces mécanismes peut avoir des répercussions directes sur la qualité de vie des patients.
4. As-tu rencontré des défis ?
L’un des plus grands défis a été de trouver un poste stable après mon post-doctorat, tout en poursuivant l’avancement de mes recherches. J’ai aussi dû apprendre à gérer une équipe et à déléguer certaines tâches, ce qui a représenté un autre type de difficulté. De plus, obtenir les financements et les ressources nécessaires pour continuer à avancer dans mes projets a été un défi constant.
4.2 Comment les as-tu surmontés ?
La persévérance, un bon réseau de soutien, et la capacité à apprendre des erreurs ont été essentiels. J’ai eu la chance d’être bien entouré de gestionnaires compétent•es[MP3] qui m’ont aidé à soutenir mes projets. Je crois aussi que l’expérience permet d’utiliser les leçons du passé pour transformer les erreurs en réussites.
5. Quelles sont tes perspectives d’avenir
L’avenir de la recherche dans mon domaine est très enthousiasmant. De nombreuses nouvelles technologies émergent, notamment des électrodes plus performantes qui permettent de capter des signaux de neurones uniques de façon bien plus précise. Même si les législations représentent parfois une barrière, les avancées sont prometteuses et vont permettre d’amener des questions scientifiques jusque là réservées à la recherche animale à la psychiatrie chez l’humain.
5.2 As-tu des ambitions personnelles
J’ai plusieurs projets en cours que je souhaite mener à bien. Mon objectif principal est de construire une base solide pour mon équipe et de voir les doctorant•es et post-doctorant•es qui travaillent avec moi réussir dans leurs propres carrières. Mon ambition est avant tout collective : je veux que mon équipe progresse et atteigne des objectifs communs tout en s’amusant.
6. Conclusion
Mon souhait est de faire de la recherche rigoureuse qui contribue à améliorer la qualité de vie des gens. J’espère aussi donner aux jeunes chercheur•euses qui travaillent avec moi l’opportunité de grandir et d’évoluer, afin qu’elles ou ils puissent, à leur tour, réaliser de belles choses dans leur parcours scientifique.