Les contenus de la région '' vous seront proposés par défaut, en plus des contenus nationaux sur tout le site. Ce choix s'appliquera également lors de vos prochaines visites.

Ergonomie

Passé dans le langage courant, le terme ergonomie est souvent présent dans les publicités pour convaincre l’acheteur d’investir dans un siège, une souris d’ordinateur ou une pipette ergonomiques. Chacun est, à juste titre, désireux d’améliorer son confort. Pourtant, l’ergonomie ne se résume absolument pas aux objets.

A+ / A-

L’ergonomie, c’est quoi ?

L’ergonomie, c’est la science qui analyse le travail et ses conséquences sur la santé et la performance. Son approche repose sur la compréhension du travail au travers de :

  • ce qui est à faire (travail prescrit ou tâche) ;
  • ce qui est réellement mis en œuvre pour réaliser ce qu’on demande de faire (travail réel ou activité).
Illustration de la différence entre le travail prescrit (ligne droite) et le travail réel et ses contingences (ligne courbe en pointillés)

Objectif : Concevoir et/ou améliorer des systèmes de travail sûrs et efficaces pour tous

L’ergonomie vise à adapter le travail à l’homme (cf. Principes généraux de prévention) :

  • en tenant compte des capacités et des limites de chacun sur les plans physique, physiologique, cognitif, psychique. L’homme moyen n’existe pas en ergonomie. Nous sommes tous différents ! 
  • en agissant sur les situations de travail.

Il existe 2 approches de l’ergonomie selon qu’elle intervient avant ou après l’apparition de problèmes :

  • lergonomie de conception (prévention primaire) si on se situe avant : par exemple pour la conception d’un bâtiment, d’un produit, d’une nouvelle situation de travail ;
  • l’ergonomie de correction (prévention secondaire) une fois que le problème est apparu : il s’agit ici d’améliorer une situation de travail existante non satisfaisante du point de vue de la sécurité ou de la qualité par exemple.

Les apports de l’ergonomie

Une vision globale de la situation de travail

L’ergonomie apporte une vision globale de la situation de travail, au-delà de l’idée réductrice du « poste de travail » physique. Cette vision porte sur de nombreux aspects :

  • qui sont les personnes qui travaillent ;
  • quel est ce travail : ce qui est à faire et comment il est fait ;
  • l’organisation du travail ;
  • les interactions ;
  • les moyens techniques ;
  • l’environnement de travail ;
  • le contexte socio-économique et culturel ;
  • les effets du travail sur la santé et la performance ;
  • etc.

C’est ainsi que l’ergonome analyse le travail et recherche les causes probables d’atteinte à la santé et/ou à l’efficacité. Il propose ensuite le meilleur compromis en agissant sur différents paramètres des situations de travail : organisation du travail, conditions matérielles, espaces de travail, formation… Il implique les experts du travail (personnes concernées dans les situations de travail étudiées) dans la recherche de solutions elles-mêmes arbitrées et mises en œuvre par la direction.

Cette approche contribue à évaluer la faisabilité, l’efficacité et les impacts des pistes d’améliorations et à accompagner celles qui sont retenues. Elle permet notamment :

  • de prendre en compte les exigences humaines, organisationnelles et socio-économiques ;
  • d’éviter qu’un changement introduit pour résoudre un problème ait pour effet de créer des difficultés ailleurs.

Par exemple, pour limiter le port de charge, une des solutions envisagées est de réduire le poids des sacs de 15kg à 10kg. Les conséquences à évaluer seront :

  • l’activité de la gestionnaire : les commandes devront-elles être plus fréquentes ?
  • le budget : le coût du conditionnement de 10kg est-il plus cher que le conditionnement de 15kg ? Quelle est la marge de négociation avec le fournisseur ? Quel compromis par rapport au bénéfice sur la santé du personnel ?

Une modification mineure peut suffire à rendre une tâche plus facile et plus sûre à exécuter. Par exemple : 

  • stocker les produits les plus souvent utilisés et les plus lourds sur les étagères situées entre la taille et la hauteur des épaules ;
  • libérer l’espace pour les jambes sous les bureaux et les paillasses ;
  • utiliser un siège réglable (dossier et assise) adapté à sa morphologie.

Quand faire appel à un ergonome ?

Faire appel à un ergonome peut s’avérer judicieux dans les cas suivants :

  • en amont d’un projet (prévention primaire) : même s’il peut intervenir à toutes les phases d’un projet, son intervention au début est plus pertinente car les possibilités d’actions sont plus élevées avec des marges de manœuvre importantes sur le plan financier, architectural, technique ou organisationnel ;
  • face à une demande ou un problème complexe, en appui d’autres acteurs de la prévention.

Quelques exemples de types de demande d’intervention

  • Domaine « Prévention et santé au travail » :
    • Évaluer les facteurs de pénibilité chez les zootechniciens
    • Accompagner la mise en place d’une démarche pour lutter contre les TMS
  • Domaine « Conduite de projet architectural » :
    • Évaluer la faisabilité d’un projet de réhabilitation de locaux hospitaliers en centre de recherche
    • Accompagner l’expression et le recueil des besoins dans un projet de construction d’un bâtiment de recherche
  • Domaine « Évolutions du travail et des organisations » :
    • Analyser le processus de gestion des contrats de recherche en délégation régionale
    • Interroger les conséquences des changements organisationnels et humains sur le collectif et l’organisation du travail au sein d’un service

Pour aller plus loin : 

L’intervention ergonomique

L’intervention ergonomique est réalisée dans un contexte donné, à un moment donné en vue de concevoir ou d’améliorer des situations de travail sur le plan de la santé et de l’efficacité. Elle part d’une demande qui va être analysée. Cette étape préliminaire permet à l’ergonome de mieux comprendre le contexte et d’identifier le réseau d’acteurs impliqués. Elle contribue également à mettre en place les assises de l’intervention, à la construire avec les acteurs et à s’entendre sur une proposition d’intervention.

L’intervention ergonomique s’apparente à une conduite de projet et nécessite la mise en place de structures participatives que sont a minima :

  • le groupe de travail qui produit des connaissances sur le travail actuel (et futur) et élabore les pistes d’amélioration. Il est composé des personnes impliquées dans les situations de travail concernées par l’étude ;
  • le comité de pilotage qui prend des décisions et assure les arbitrages techniques, organisationnels, financiers, temporels ;

Les objectifs visés sont :

  • découvrir les représentations de l’ensemble des acteurs concernés (personnel, encadrement, direction) sur les situations de travail et les problématiques soulevées ;
  • valider les analyses de terrain pour avoir une connaissance plus précise du travail réel ;
  • pérenniser la prise en compte de la situation de travail et la participation de tous les acteurs dans les évolutions futures.

La méthodologie utilisée comprend, entre autres :

  • de l’analyse documentaire ;
  • des entretiens individuels et/ou collectifs avec les différents acteurs ;
  • des observations et des mesures sur le terrain qui s’effectuent avec l’accord préalable des agents volontaires.

L’ergonome peut juger utile de prendre des photos et des vidéos après accord des personnes concernées.

Le diagnostic, appuyé sur les résultats de l’analyse du travail, permettra collectivement d’envisager les différentes solutions et d’effectuer un arbitrage si nécessaire avant de valider celles retenues.

Illustration du process de l'intervention ergonomique

Qui peut solliciter une intervention ?

L’ergonome Inserm répond en priorité aux sollicitations de la Direction Générale et des délégations régionales. Les unités de recherche Inserm peuvent faire leur demande via leur délégation régionale. 

L’ergonome accompagne aussi les Délégations en cas de recours à un cabinet extérieur d’ergonomes dans l’élaboration du cahier des charges, l’analyse des propositions et des résultats d’intervention.